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Eduardo Pisano

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Eduardo Pisano (Torrelavega 1912 - Paris 1986) a appris le dessin et la peinture à l'Ecole d'Arts et Métier de Torrelavega à quatorze ans. Son apprentissage continuera à dix neuf ans à l'Ecole d'Arts graphiques de Madrid. En 1947, après la Guerre civile Espagnole et la 2e Guerre Mondiale, Pisano s'installe à Paris dans le quartier de Montparnasse. Il peint surtout des paysages aux couleurs de sa terre natale, avec des paysans ou des pêcheurs, des allégories religieuses, des fleurs, des femmes nues sans visage, enfin les « ferias » avec gitans, clowns, danseurs de flamenco, acrobates, toreros et taureaux.

 

Dans les années 40, ses peintures ont la puissance des peintres allemands expressionnistes et leurs compositions s'apparentent à celles des portraits de l'autrichien Oscar Kokoschka. Concernant ses aquarelles de l’époque, elles étaient faites avec des couleurs très fauves. Dans ses oeuvres on pouvait apercevoir les couleurs et les formes de l'artiste français Maurice Denis. Dans les années 50 et 60, la facture est un peu moins rugueuse, mais toujours en plusieurs couches qui donnent  du volume. La couleur rouge et ses dérives semblent être primordiales sur sa palette. Les grands tableaux de paysages espagnols font alors leur apparition avec les vues de campagne, de mer et de pêcheurs, qui cette fois laisseront entrer dans les œuvres de jolis bleus.

 

Dans les années 70, ses huiles, gouaches et monotypes étaient, d'une part particulièrement colorés, et d'autre part sombre et ténébreux, significatifs de la trajectoire de Pisano dans cette période de sa carrière. La texture est plus fluide. On remarquera des « Christ » dans des couleurs vives qui rappellent les œuvres du peintre Georges Rouault auquel il est souvent comparé. Cette palette très colorée soulignée de noir, on la trouve aussi chez d'autres peintres français de l’époque, comme Gen Paul ou le russe de I'Ecole de Paris, Chaim Soutine.

 

Pisano à partir de cette époque et dans les années 80, mélange dans ses tableaux la religion à d'autres thèmes, comme le cirque, les paysages, les animaux, les femmes, etc. Les beaux bouquets de fleurs dans des tons pastel, ainsi que les oiseaux, nous font pénétrer dans son univers poétique et fort. Les natures mortes sont aussi très présentes à cette période de sa vie.

 

Les clowns, toujours situés dans un monde de dérision, sont peints avec un côté étrange, fauve, grinçant, souvent associés aussi à la femme nue ou coiffée de grands chapeaux. Pisano appréciait beaucoup, Francisco de Goya ainsi que Jose Gutierrez Solana.

 

Pisano aimait les femmes et il les peindra toujours voluptueuses et rondes, comme celles de Marcel Gromaire. Dans ses natures mortes, les variations d'une même couleur peuvent se compléter par de multiples touches d'autres couleurs qui se mettent mutuellement en valeur jusqu'à aboutir à de véritables feux d'artifices, comme dans ses bouquets. 

 

Les oiseaux, les plateaux de fruits, les fleurs, tout se mélange dans ses œuvres. 

Parfois on ne voit pas tout de suite les éléments composant la et il faut s'attarder pour découvrir les formes dans la richesse des couleurs. D'autres fois, ses natures mortes plus classiques, laissent apparaitre les bodegones, typiques de la peinture espagnole des XVIIe et XVIIIe siècles.

 

Pisano utilise dans ses monotypes, qui sont de véritables œuvres uniques, toutes ses capacités d'expression et de technique. Au début des années 70, il découvre le potentiel de cette méthode d’impression et, une fois qu’il a ses feuilles tachées aléatoirement, commence à redessiner sur cette base ce qui l’intéresse.

 

Eric Licoys s'est toujours intéressé à l’art et à la peinture en particulier. Après le décès de son père, en 2006, il a engagé un très ambitieux programme d’expositions pour que se poursuive le mécénat dont il avait été le témoin. 

 

Il commence en 2011 avec la grande exposition à Valréas dans le cadre du festival Les Nuits de l'Enclave des Papes » au château de Simiane, puis, s'enchainent trois expositions en Espagne pour le centenaire de la naissance de Pisano en 2012. Vient après la grande rétrospective au Musée du Montparnasse en 2013 avec la présence, entre autres, de Manuel Valls et Ana Hidalgo. En 2014, il organisera une exposition sur le Montparnasse espagnol, avec une vingtaine d’œuvres de sa collection, à l’Institut Cervantes de Paris, dont son directeur, Juan Manuel Bonet avait était directeur du Musée Reina Sofia à Madrid et de l’IVAM à Valence. C’est dans la ville d'Eu qu'en 2015, Eric Licoys fait une autre grande rétrospective de Pisano avec cinquante belles œuvres. La ville de Grignan a été aussi choisie par lui pour montrer à deux reprises les tableaux du peintre (2016 et 2018). Son plus grand soutien à son œuvre a été la mise en place de trois importantes donations en Espagne : en 2016, un chemin de croix à 1’église « San José Obrero » sanctuaire de la « Virgen Grande » et trois œuvres au Musée Diocésain de Santillana del Mar. En 2018, ce sera la grande donation de cinquante très belles toiles qui permettront la création du Musée Pisano à Torrelavega, complétée ensuite par de nombreux documents, photographies, articles des journaux, affiches et livres sur la vie et l’œuvre de Pisano, ainsi que des petits formats, dessins et huiles, qui constituerons la salle biographique du musée.

 

En 2021, Éric Licoys, avec une grande rétrospective au Musée de Saint-Cloud, confirme l'importance de l'artiste. Ainsi, il concrétise les efforts constants de son père pour mettre en lumière la production. En 2023, la Ville d’Arles a eu le privilège d'exposer les oeuvres de Pisano à la Chapelle Sainte-Anne,
avec un très grand succès public avec l5 000 visiteurs en trois semaines. Concernant les expositions collectives, il faut remarquer celle de Madrid aux Nouveaux Ministères, sur l'exil espagnol, et une autre au Musée de Zamora avec présentent les œuvres du grand sculpteur Baltasar Lobo.

 

En ce moment les oeuvres de Pisano sont exposées dans la galerie Thierry Bertrand aux îles Baléares, à Minorque (Mahon).

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