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Eduardo Pisano

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Fils d’un père horticulteur et d’une mère fleuriste, Eduardo Pisano (1912 - 1986), apprend le dessin et la peinture à l'Ecole d'Arts et Métiers de Torrelavega puis à l'Ecole d'Arts Graphiques de Madrid. Mobilisé en 1939, emprisonné dans des camps d’exilés, enrôlé par les SS pour travailler sur le chantier du mur de l’atlantique, Pisano va vivre des années d’enfer jusqu’à la libération. 

En 1947, Pisano débarque à Paris et s’installe dans le quartier du Montparnasse rejoignant ainsi les autres peintres espagnols en exil qui formeront « l’Ecole Espagnole du Montparnasse ». Il peint des paysages aux couleurs de sa terre natale, avec des paysans ou des pêcheurs, des allégories religieuses, des fleurs, des femmes nues sans visage, mais aussi des « Ferias » avec gitans, clowns, danseurs de flamenco, acrobates, toreros et taureaux.

Dans les années 40, ses toiles ont la puissance des peintres allemands expressionnistes et leur composition s’apparente à celle des portraits de l'autrichien Oscar Kokoschka ; ses aquarelles de l’époque, elles, sont faites avec des couleurs très fauves. Dans ses œuvres on peut apercevoir les couleurs et les formes de l'artiste français Maurice Denis. 

A partir des années 50, la facture est un peu moins rugueuse, mais toujours en plusieurs couches ce qui donnent du volume. La couleur rouge et ses dérivés semblent être les dominantes de sa palette. Les grands tableaux de paysages espagnols font alors leur apparition avec les vues de campagne, de mer et de pêcheurs, qui cette fois laisseront entrer de magnifiques bleus.

Après 1970, la texture devient plus fluide. On remarquera des « Christ » dans des couleurs vives qui rappellent. les œuvres du peintre Georges Rouault auquel il est souvent comparé. Cette palette très colorée soulignée de noir, on la trouve aussi chez d'autres peintres français de l’époque, comme Gen Paul ou le russe de l’Ecole de Paris, Chaim Soutine. Lorsqu’il peint des sujets religieux, Pisano dévoile une spiritualité intime ; il les traite comme des scènes de genre et les situe dans un paysage familier en s’éloignant de l’iconographie attendue. Avec ses « natures mortes ou bodegones » les fleurs dominent ; les variations d'une même couleur peuvent se compléter par de multiples touches d'autres couleurs qui se mettent mutuellement en valeur jusqu'à aboutir à de véritables feux d'artifices, comme dans ses bouquets. Les oiseaux, les plateaux de fruits, les fleurs, tout se mélange dans ses œuvres, nous faisant pénétrer dans son univers poétique ; on ne voit pas tout de suite les éléments composant le tableau et il faut s'attarder pour découvrir les formes dans la richesse des couleurs.

Malgré l’exil, Pisano n’a jamais abandonné ses racines espagnoles ; il met en scène les fêtes de village, les arts de la rue : clowns, acrobates, danseuses de flamenco… toujours situés dans un monde de dérision et peints avec un côté étrange, fauve, grinçant, illustrant « la misère des amuseurs publics » à la façon de Rouault ou de Solena. Pisano peindra aussi beaucoup de femmes nues ; ces femmes impersonnelles, sans nom et sans visage, expriment la féminité du désir, l’érotisme comme celles de Marcel Gromaire.

 

Cette collection a été constituée par André Licoys, le père de l’actuel propriétaire. Après son décès en 2006, Eric Licoys, en hommage à son père, décide de poursuivre son œuvre en faisant redécouvrir cet extraordinaire artiste à un public français et espagnol. 

A partir de ce moment-là, il va non seulement multiplier les expositions en France, mais surtout il va renouer le lien avec sa ville natale, Torrelavega, lui faisant redécouvrir un « Enfant du Pays ». Son plus grand soutien à la reconnaissance du peintre a été la mise en place de plusieurs donations en Espagne : 

• un Chemin de Croix à l’église « San José Obrero » sanctuaire de la « Virgen Grande »,

• trois œuvres au Musée Diocésain de Santillana Del Mar,

• une donation de 50 toiles qui permettront la création du Musée Pisano à Torrelavega complétée ensuite par de nombreux documents, photographies, articles de journaux et conférences sur la vie et l’œuvre de Pisano.

 

En 2011, il organise une première grande exposition à Valréas dans le cadre des « Nuits de l'Enclave des Papes » au Château de Simiane, qui sera suivie par trois expositions en Espagne pour le centenaire de la naissance de Pisano en 2012. Vient ensuite une rétrospective au Musée du Montparnasse en 2013 en présence, entre autres, de Manuel Valls, ministre et fils de Xavier Valls, artiste de la même époque et de Anne Hidalgo. 

En 2021, Éric Licoys, avec une nouvelle grande rétrospective au Musée des Avelines de Saint-Cloud, confirme l'importance de l’artiste. 

En 2023, la Ville d’Arles consacre à Pisano une grande exposition sur le thème de la Tauromachie « Pisano et les Arènes d’Arles » qui rencontre un grand succès populaire. 

Concernant les expositions collectives, il faut remarquer celle de Madrid aux Nouveaux Ministères, sur l'exil espagnol, et une autre au Musée de Zamora avec les œuvres du grand sculpteur Baltasar Lobo.

 

Cette collection, longtemps visible dans une galerie près du Louvre à Paris, a désormais pris ses quartiers à Grignan.

Paroles de publics

« Heureusement qu'il existe des collectionneurs avisés. Superbes ces huiles sur papier, les petites gouaches. J'aime bien les folies de couleurs même dans les chevaux. Merci ! »

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